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[Cowcot Entreprises] : L’année des acquisitions

Il y a une semaine, nous apprenions que Dell souhaitait acheter EMC, l’une des plus grosses entreprises du secteur du stockage et du cloud computing. Lundi, nous avions un montant à mettre sur cette transaction : environ 67 milliards de dollars, soit le plus grand montant jamais enregistré pour une acquisition dans le secteur des nouvelles technologies. Nous avions déjà fait un point sur la question en mai, lors de l’annonce du rachat de Broadcom par Avago. Force est de constater que la tendance reste la même : 2015 est une année de consolidation dans le secteur des nouvelles technologies, avec non seulement une multitude de rachats, mais également des montants rarement vus dans ce secteur.

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Les acquisitions, un élément de stratégie d’entreprise

Si les chiffres des transactions Avago-Broadcom (37 milliards de dollars) et Dell-EMC (67 milliards de dollars) ont de quoi faire tourner la tête, de nombreuses autres transactions ont eu lieu cette année et notamment cet été. Ces petites transactions ont un mérite : nous permettre de mieux comprendre pourquoi une entreprise voudrait en racheter une autre. Nous allons nous intéresser à un rachat en particulier : celui de Turtle Entertainment par le groupe suédois MTG. Turtle Entertainment est l’entreprise qui se cache derrière l’ESL, fameuse pour ses tournois de jeux vidéo, de Counter Strike à Starcraft 2 en passant par League of Legends. MTG, de son côté, est un colosse du secteur du divertissement télévisé : le groupe pèse 1.7 milliards d’euros en bourse, et possède plusieurs chaines de télévisions. Il est particulièrement actif dans les pays scandinaves, mais également en Europe de l’Est.

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Nous touchons donc déjà l’un des points qui peut motiver pour acquérir une autre entreprise : l’expansion géographique. MTG est déjà présent dans le monde entier, mais L’ESL permet de renforcer les positions du groupe. Une acquisition n’a pas nécessairement besoin de tout créer depuis le début, mais il est souvent avantageux de trouver une entreprise avec un positionnement qui complète celui de l’acquéreur, ou bien qui s’inscrit dans la stratégie de développement de ce dernier, comme c’est le cas ici.

L’expansion d’une entreprise peut être autre que géographique : sans quitter son secteur d’activité, il y a toujours de nouveaux segments, parfois des niches, sur lesquels il est intéressant d’être présent. Nous avons donc là une seconde justification de la transaction sur laquelle nous nous penchons : l’ESL dispose d’une très forte audience sur Internet, alors que MTG se concentre plutôt sur les médias traditionnels. Dans les deux cas d’expansion que nous avons mentionnée, l’acquisition est très bénéfique, dans la mesure où elle représente un gain de temps très fort, l’entreprise achetée étant déjà développée et active sur les marchés concernés. Mais une telle acquisition est également très avantageuse dans la mesure où elle réduit l’incertitude à laquelle est soumise l’entreprise : elle élimine tous les risques que son développement à l’étranger ne se passe pas comme prévu, prenne plus de temps ou coûte plus cher.

Enfin, et c’est souvent l’argument phare d’une fusion ou d’une acquisition : deux entreprises qui se rapprochent peuvent bénéficier de fortes synergies, c’est-à-dire que leurs activités vont se compléter de manière à devenir plus productives ou à croître plus vite. Arnd Benninghoff, PDG de MTGx, la filiale de MTG qui a pris l’ESL sous son aile, s’attend ainsi à ce que des synergies se développent grâce à la combinaison des deux entités :

« Nous sommes impatients de voir toutes les opportunité qui peuvent émerger de la présence de ces entités sous un même toit, que cela soit en terme de promotion croisée, d’exploitation du contenu ou encore au niveau des synergies de marketing et de publicité. »

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Le contexte économique favorise les acquisitions

Les motifs que nous avons exposé ci-dessus sont cependant valable pendant n’importe quelle période ou presque. Qu’est-ce qui fait de 2015 une année si fructueuse ? Plusieurs éléments du contexte économique rendent ces opérations très attractives. Tout d’abord, certains grands groupes disposent aujourd’hui de réserves de liquidités gigantesques. Les entreprises ont en effet relativement peu investi ces dernières années, étant encore affecté par la crise de 2007. Mais les ventes et les profits repartant à la hausse, les réserves ont considérablement augmenté. Détenir des liquidités peut être intéressant pour une entreprise : cela lui permet de faire face à des situations extrêmes ou inattendues, des événements relativement fréquents dans le secteur des nouvelles technologies : qu’il s’agisse d’une amende de plusieurs millions d’euros, d’un produit qui ne se vend pas ou de la nécessité d’augmenter brusquement la R&D pour rattraper un concurrent, les occasions ne manquent pas.

Toutefois, les actionnaires n’apprécient guère ces trésors qui dorment dans les caisses de leurs entreprises : ils préfèreraient soit récupérer l’argent pour l’investir à leur gré, soit que l’entreprise utilise cet argent. Les acquisitions peuvent donc être un bon moyen pour consommer les réserves de l’entreprise, tout en renforçant ses positions stratégiques et en contribuant à l’expansion du groupe. En outre, il est assez facile et peu coûteux d’emprunter pour les entreprises. Les taux d’intérêts sont en effet très faibles. Cela est dû à la politique monétaire des différentes Banques Centrales, qui, à tort ou à raison, ont essayé de relancer l’économie après la crise de 2007 en facilitant l’accès au crédit aux entreprises. Le calcul est dès lors facile : il vaut mieux emprunter aujourd’hui que dans quelques années, et par conséquent les entreprises mettent à exécution leurs plans de fusions et acquisitions au plus tôt, résultant dans la myriade de transactions que nous voyons cette année. Dell, par exemple, va emprunter entre 40 et 50 milliards de dollars pour financer l’acquisition de EMC.

Il ne faut pas pour autant en conclure que ces transactions sont précipitées par la conjoncture actuelle : Dans le cas de MTG et de l’ESL, Arnd Benninghoff, PDG de MTGx, explique que « nous considérons en permanence une large palette de possibilités d’investissement, et nous avons estimé que c’était le bon moment pour investir dans l’industrie grandissante de l’esport ». La stratégie passe donc bel et bien avant l’aspect financier : le contexte économique est donc un facilitateur plus qu’une justification intrinsèque des transactions auxquelles nous assistons en 2015.

Rédigé par Hector

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