Expérience de frappe
Disons-le assez rapidement : le clavier à lui seul arrive déjà à convaincre sans la partie audio grâce à sa qualité de construction. Doté d’un boitier surmonté d’une lourde plaque supérieure en aluminium et avec divers points d’attentions sur l’insonorisation dans son agencement intérieur (structure en gasket mount et le PCB est entre deux couches d’isolant phonique : du sillicone en dessous et du FOAM au-dessus). De plus, ses stabilisateurs sont plutôt qualitatifs et lubrifiés d’usine, tout comme ses switchs. Ces derniers sont la version 3.0 des Gateron G Pro Yellow. Un seul type de switch ne sera proposé mais fort heureusement il s’agit des plus populaires de cette marque.
L’ensemble prodigue une frappe douce et stable, avec des nuisances sonores homogènes et plutôt contenues. Ces switchs sont d’ailleurs une excellente base pour le modding. Les nuisances sonores auraient pu être un peu plus contenues encore avec des keycaps faits d’un autre matériau. Bien que ceux présents sur ce FiiO KB3 participent largement à l’originalité et à la réussite esthétique du clavier, il n’empêche qu’ils sont en ABS, pas des plus fins du monde certes, mais ils n’auront tout de même pas les mêmes avantages acoustiques qu’un set en PBT au profil Cherry par exemple.
Ces keycaps translucides restent tout de même parmi les plus agréables à utiliser que nous ayons pu avoir à la rédaction, dans la catégorie matériau ABS. Question ergonomie, attention au RGB lorsqu’il est actif car très rapidement on ne distingue plus vraiment le lettrage sur les touches. Il conviendrait alors de sensiblement baisser la luminosité, ou bien puisque la translucidité des keycaps amènent beaucoup plus (trop ?) de lumière, opter comme nous l’avons fait pour un mode de rétroéclairage réactif à la pression d’une touche avec un effet centré sur uniquement celle qui a été pressée.
La partie audio
Et c’est là que la plus-value de ce clavier prend réellement forme. En plus de prodiguer une bonne expérience de frappe, il est équipé d’un circuit audio à base de puce Cirrus Logic CS43131 qui débouche sur deux sorties casque : une asymétrique en jack 3.5mm et une symétrique en 4.4mm qui offrent respectivement une puissance de 170 mW et 550 mW @ 32 ohms. De quoi driver des casques relativement exigeants sans aucun problème, mais surtout avec une puce audio qualitative prenant en charge les fichiers PCM jusqu’à 384 kHz @ 32 bits et DSD256. C’est d’ailleurs la même puce qui équipe le petit KA2, DAC et ampli/casque nomade de la même marque.
On a donc théoriquement l’assurance d’une bonne restitution audio, c’est plus qu’une simple puce C-MEDIA basique ou autres. Et dans la pratique, cela se vérifie amplement. Nous l’avons comparé à deux autres petits DAC récemment testés à la rédaction, le iFi Audio GO link ou le Fosi Audio DS1. En termes de précision d’écoute, le KB3 n’a rien à envier au petit iFi, il remporte d’ailleurs notre préférence face à celui-ci avec une puissance équivalente mais surtout plus d’équilibre dans les fréquences, notamment des mediums moins freestyle qui sonnent moins durs. Face au petit Fosi DS1 et heureusement pour ce dernier, le KB3 ne remporte pas le combat, notamment sur la définition des graves, sensiblement meilleure avec le DS1 et sur le bas du spectre également.
Pour autant le rendu sonore du KB3 est entièrement valable, avec une restitution dynamique et assez équilibrée et plutôt proche d’un niveau de neutralité attendu. Puis il faut tout de suite relativiser et comprendre, comme nous le disions précédemment, que le clavier à lui seul pourrait déjà presque être commercialisé à son prix sans la partie audio par rapport à la concurrence en termes d’expérience de frappe et que les deux DACs que nous lui mettons en face sont respectivement vendus 59 et 89€.