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5 Minutes pour juger : Les héritiers du point and click, Épisode 2


Joe Richardson : le Monty Python de la Renaissance
Après le retour de Monkey Island, impossible de ne pas parler d’un autre grand malade du point and click moderne : Joe Richardson. Un développeur capable de prendre des peintures de la Renaissance, des blagues de mauvais goût, des références religieuses, des décapitations absurdes et des dialogues complètement lunaires… puis de transformer tout ça en véritables jeux d’aventure.

The Procession to Calvary

Et honnêtement, le résultat ressemble à quelque chose qu’on aurait obtenu si les Monty Python avaient décidé de développer un point and click après une nuit entière passée dans un musée sous hydromel médiéval.

Même si Joe Richardson a également réalisé Four Last Things ou encore The Preposterous Awesomeness of Everything, ces titres restent entièrement en anglais. En revanche, The Procession to Calvary et Death of the Reprobate profitent eux d’une traduction française, ce qui aide énormément vu le type d’humour et les jeux de mots complètement tordus utilisés en permanence.


Des tableaux de musée transformés en terrain de jeu absurde

Le concept visuel des jeux de Joe Richardson reste probablement l’un des plus uniques du genre. Les décors, personnages et animations sont entièrement composés à partir de véritables peintures classiques européennes allant de la Renaissance jusqu’au romantisme.

Et le plus fou, c’est que ça fonctionne parfaitement.

The Procession to Calvary

Dans The Procession to Calvary, on traverse un monde construit à partir d’œuvres de Rembrandt, Botticelli, Michel-Ange ou encore Pieter Bruegel l’Ancien. Le tout animé avec des déplacements volontairement ridicules qui renforcent encore le côté totalement absurde de l’aventure.

L’histoire suit une guerrière envoyée retrouver Pierre le Divin après une guerre sainte ayant laissé derrière elle des montagnes de morts et des villes détruites. Dit comme ça, ça paraît dramatique. Sauf qu’en pratique, le jeu enchaîne constamment les situations débiles, les dialogues lunaires et les personnages complètement cassés mentalement.

Même chose dans Death of the Reprobate, où l’on suit l’héritier d’un homme mourant dans une aventure mélangeant religion, trahisons, idioties profondes et réflexions existentielles racontées avec le sérieux d’un sketch absurde à 3 heures du matin.

Des énigmes absurdes… mais logiques dans leur folie

Le plus intéressant, c’est que derrière leur délire permanent, les jeux de Joe Richardson restent de vrais point and click à l’ancienne. Inventaire, dialogues absurdes, objets improbables et énigmes parfois délicieusement cruelles… tout y est.

Death Of The Reprobate

Et clairement, on retrouve cette vieille philosophie LucasArts où les solutions semblent totalement stupides… jusqu’au moment où le cerveau finit par accepter leur logique interne.

Mais attention : l’humour des jeux est extrêmement particulier. Très cynique, souvent noir, parfois volontairement vulgaire ou dérangeant. Il faut clairement aimer ce type d’écriture absurde pour accrocher.

En revanche, quel plaisir de reconnaître constamment des œuvres mondialement célèbres intégrées dans les décors. Et pas besoin d’avoir un doctorat en histoire de l’art pour apprécier le résultat. Joe Richardson utilise énormément de tableaux iconiques immédiatement reconnaissables même pour le grand public.

Autre détail important : les jeux sont relativement courts. Une soirée suffit généralement pour terminer chaque aventure. Mais honnêtement, ce format fonctionne parfaitement avec ce type d’humour très dense.

Certaines énigmes peuvent en revanche devenir plus compliquées qu’elles ne le devraient à cause des jeux de mots anglais. Quelques solutions reposent directement sur des blagues linguistiques parfois difficiles à retranscrire parfaitement en français. Et là, même les vieux vétérans du point and click peuvent finir par regarder l’écran avec la même expression qu’un moine de la Renaissance découvrant Internet.

Ce que nous en avons pensé

The Procession to Calvary et Death of the Reprobate représentent probablement l’une des visions les plus originales du point and click moderne. Des jeux extrêmement courts, extrêmement étranges et totalement assumés dans leur absurdité.

Death Of The Reprobate

Le mélange entre humour noir, art classique et gameplay old school fonctionne étonnamment bien, au point de créer une identité immédiatement reconnaissable.

Et surtout, ces jeux rappellent quelque chose d’important : le point and click n’a jamais vraiment été un genre réaliste. Depuis ses débuts, il vit justement grâce à l’absurde, aux dialogues idiots et aux situations improbables. Joe Richardson n’a finalement fait qu’embrasser cette folie… en y ajoutant quelques centaines de tableaux de musée et énormément de mauvaises idées géniales.

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Posté le 06 Juin 2026 à 09:00|par Lucas Empi


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